Artothèque, Art contemporain

Fondée en 1991 par le Conseil Départemental, l’Artothèque joue un rôle majeur dans la diffusion de l’art contemporain. Dans un contexte insulaire, elle met un point d’honneur à valoriser les artistes locaux ainsi que ceux issus des pays de la zone Océan Indien, tout en restant ouverte aux expressions artistiques venues d’ailleurs. Initialement établie à la villa Mas à Saint-Denis, l’Artothèque a déménagé en octobre 2024 à Saint-Pierre, au cœur du Centre Culturel Sud. Ces deux structures occupent désormais l’ancien tribunal de première instance, un bâtiment classé à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques depuis 2006. Le Conseil Départemental signe ici sa première intervention culturelle structurante dans le sud de l’île.

Une collection de plus de 2 000 œuvres

L’Artothèque a réuni un fonds de près de 3 000 œuvres originales datant des XXe et XXIe siècles. Sa collection, régulièrement enrichie par une politique d’acquisition dynamique et des dons, se compose d’une grande diversité de médiums : peinture, dessin, photographie, sculpture, gravure, vidéo… Elle reflète la richesse et la pluralité des expressions artistiques issues des artistes de La Réunion, de la zone Océan Indien, mais aussi d’Europe, d’Afrique et d’Asie.

Prêt d’oeuvres d’art

L’Artothèque vous invite à vivre l’art au quotidien ! Avec son service de prêt ouvert à tous, les particuliers, les institutions publiques et privées peuvent accueillir chez eux des créations contemporaines et contribuer à la promotion des artistes de la collection. Et si une œuvre d’art s’invitait chez vous ?

Offre culturelle

À travers ses actions, l’Artothèque soutient la création contemporaine, fait découvrir l’art d’aujourd’hui et éveille la curiosité du public pour la création artistique :
– Expositions
– Conférences en histoire de l’art
– Résidences d’artistes
– Visites de la réserve de l’Artothèque sur rendez-vous – Ateliers de pratiques artistiques

Offre pédagogique

Grâce à son offre pédagogique, l’Artothèque fait découvrir l’art contemporain autrement, en créant des passerelles entre les œuvres, les artistes et le public :
– visites guidées de ses expositions pour les groupes scolaires sur réservation
– réalisation d’exposition pour les établissements scolaires de la maternelle au lycée, en lien avec un professeur-relais
– accompagnement des enseignants dans la réalisation de leurs projets pédagogiques

30 ans déjà

Trente ans, une belle jeunesse colorée et folle, vivante.
L’Artothèque, maison des arts plastiques a commencé sa vie dans les découvertes d’une création insoupçonnée.
La formation du regard n’existait que par le musée Léon Dierx, dans une collection certes riche mais figée dans l’histoire de l’art du début du siècle. Une gracieuse alanguie.
Dans les années 1980-1990, à l’enthousiasme des acteurs culturels répondait une vision politique très pointue…

« Regarde : Quelque chose a changé. L’air semble plus léger. C’est indéfinissable. »

Barbara

Sous l’impulsion d’Eric Boyer, une équipe orchestrée par Paul Mazaka, va se mettre à chercher, débusquer, découvrir un monde créole créatif, riche.

Il fallait du courage et de la folie, pour les aventuriers de l’art, à imposer la vertu identitaire du message artistique.

Comme un après-guerre, la folie créatrice va pousser comme une herbe folle dans les pavés de la réalité. De mémoire je pourrais citer : les médiateurs aux pieds nus, les CES musique et arts plastiques, le festival du livre de l’océan indien et tant d’autres évènements structurants et inventif…

En 1990 la maison Mas de la rue Paris, entièrement restaurée à l’identique, sera une vitrine ouverte sur la création contemporaine. Sous une forme originale, une galerie de prêt : artothèque, un concept venu de l’Europe du nord depuis 1960.

Ce lieu a pu mettre au jour un vivier, éclairant des artistes qui œuvraient, pour leur donner un immense espoir d’exister.

Faut-il un discours pour accéder à l’art ?

Parfois le discours des curateurs devient l’essentiel de la monstration, ils se payent sur la bête, la vacuité de leurs talents dans une componction tribale.

Pour pénétrer une œuvre, il faut la laisser infuser dans notre destinée : regarder, éprouver, sentir, toucher, élaborer le vivant plus que le mort. Une œuvre d’art originale reste ardente : une médiation reste possible, même si l’œuvre reste libre.

Dominique Calas Levassor, 2021

La Villa Mas

Du XVIIIème au XIXème siècle l’Artothèque et le Musée Léon Dierx ne forment qu’un seul et vaste domaine appartenant à la famille Dejean dans la rue de Paris à Saint-Denis.
En 1843 que Paul Auguste Fraigneau devient propriétaire de la partie qui fait l’angle de la rue de Paris et de la rue Roland Garros. Il y construit une maison en bois et ses dépendances dans le style néoclassique en vigueur à cette époque. Le pavillon côté Roland Garros avec un décor d’architecture soigné est réalisé en maçonnerie avec des colonnes à chapiteau ionique et une toiture en tuile…

L’ensemble des dépendances sont elles aussi construites en maçonnerie comme l’arrêté municipal de 1817 le prescrit pour éviter les incendies.

Albert Mancini, originaire de l’île Maurice et donc sujet britannique, acquiert la villa en 1923 qui deviendra en 1930 le siège du consulat d’Angleterre à La Réunion.

Jean Mas, neveu de Mancini cèdera la villa au Conseil Général en 1985.

Les années 1980 marquent, en effet, le début de mesures en faveur de la sauvegarde du patrimoine architectural de La Réunion et en 1987 la villa est complètement détruite pour être reconstruite à l’identique en ce qui concerne la façade uniquement car l’intérieur est repensé pour l’accueil du public.

Les travaux s’achèveront en 1991, date de l’ouverture au public de l’Artothèque du Département de La Réunion. Un lieu d’Art Contemporain.

C’est dans l’axe principal et riche d’histoire de la ville que se situe l’Artothèque. La « Rue de Paris », ainsi nommée en 1948 fut d’abord baptisée « Grande rue » en 1725 ; puis « Rue Royale » en 1777 avant de devenir « Rue Impériale » en 1810.

La rue de Paris qui s’étend de La Victoire au Jardin de l’Etat est ponctuée de villas créoles majestueuses dans leur écrin verdoyant. Le patrimoine y est préservé, valorisé et le soir c’est un « enchantement » que procurent les éclairages.

L’Artothèque qui fait partie de cet ensemble architectural ancien poursuit cette volonté de valorisation du patrimoine par ses collections d’œuvres d’art, tout comme le Musée Léon Dierx, juste à côté. Et la promenade ne s’arrête pas là puisque le Jardin de l’Etat renferme le Muséum d’histoire naturelle. A cela, il convient de rajouter la villa de la Région nouvellement installée et consacrée, un temps, à la création artistique elle aussi, est devenue, en 2018, une antenne du Musée des Arts Décoratifs de l’Océan Indien.

Inauguré en Octobre 2024, Le Centre Culturel Le Sud est basé à Saint-Pierre dans l’ancien tribunal de première instance (site inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques). 

Un peu d’histoire …

La construction du tribunal de Saint-Pierre dure de juillet 1858 à janvier 1862. L’ingénieur colonial Louis Maillard, à qui l’on doit probablement la conception des plans de cet édifice, imagine un bâtiment rectangulaire, accueillant une vaste salle d’audience sur deux niveaux, couvert d’une toiture à deux pans. 

La façade d’une grande sobriété possède au rez-de-chaussée trois portes-fenêtres avec arcs en plein francs cintre.

Un bandeau souligne le niveau supérieur où se trouvent des baies en demi-cercle qui éclairent la salle d’audience. Sur les côtés, partiellement, et sur l’arrière, l’ingénieur entoure cette salle de bureaux et d’annexes formant des appentis autour du bâtiment principal. Pour les différencier, les baies de ces annexes sont en plate-bande.

Le tribunal est inauguré le 6 janvier 1862. A l’origine, il abritait à la fois le tribunal de première instance et la cour d’assises, si bien que les premières archives évoquent un « Palais de justice ».

XXe XXIe siècle 

2010-2016 :  réalisation d’une vaste campagne de travaux de remise en état, d’agrandissement et d’équipement des locaux de l’ancien tribunal. 

Sur le site de 2232 m2, la surface utile totale est portée à plus de 1800 m2.

Avec l’appui des recommandations de l’Architecte des Bâtiments de France, les travaux entrepris par la commune de Saint-Pierre ont consisté en une réhabilitation respectant le bâti d’origine pour les guétali et le bâtiment du tribunal, et en une reconstruction « à l’identique » de la longère côté mer à laquelle une deuxième longère nouvellement construite, de volume comparable, a été adjointe; tandis qu’un bâtiment de facture récente et médiocre a nécessité d’être démoli, une nouvelle aile d’architecture moderne ferme l’ensemble du bâti en fond de scène.

L’ancien tribunal de première instance de la ville de Saint-Pierre tient une place majeure dans l’histoire de l’architecture réunionnaise. L’esthétique générale sobre et raffinée de cette remarquable construction appartient au courant néo-classique qui trouve ici une de ses plus belles déclinaisons dans l’ile.

Et aujourd’hui …

Le Sud est un lieu de vie et d’expérimentation. Le centre accompagne les artistes et initie des actions culturelles inclusives pour rendre l’art et la culture accessibles à tous. 

Un lieu de création

Ce nouvel équipement est un espace entièrement consacré à la création artistique dans toute sa diversité, grâce à la présence d’un FABLAB, d’un studio image avec fond vert, d’un studio de création, d’un atelier d’expression et d’un atelier pédagogique. 

Un lieu de diffusion 

Le Sud “Réunion de culture(s)” est un centre culturel pluridisciplinaire. Ce lieu favorise la rencontre entre toutes les formes d’expression : arts plastiques, arts visuels, littérature, arts du spectacle, arts appliqués…
Sa mission est de valoriser et de diffuser ces disciplines dans des espaces spécialement conçusà cet effet. 

Une offre pédagogigue riche et partagée

Le Centre Culturel favorise les rencontres et les échanges avec les artistes (cycles de conférences, colloques, master class…). Les projets pédagogiques des établissements scolairessont également soutenus et des actions de médiation adaptées sont proposées au jeune public dans un cadre scolaire ou périscolaire.